Gain stable maximal

Contexte

Les mesures du gain d’insertion stable maximal (MSG) sont utiles parce qu’elles rendent compte de l’efficacité de l’algorithme d'annulation des larsens d'une aide auditive ainsi que de la qualité de la conception mécanique de l'appareil.

Méthodologie

Les réponses in vivo sont mesurées à l’aide d’un Audioscan Verifit ou d’un Frye Electronics Fonix 6500. Un bruit composite est présenté à 60 dB SPL à la distance et dans la position d’assise conseillées par le fabricant. Les réglages du logiciel de tous les appareils évalués sont standardisés, dans les limites disponibles. Tous les appareils sont programmés pour une configuration d’appareillage linéaire. Toutes les fonctions adaptatives sont désactivées afin d’éviter les interactions entre une fonction comme la réduction numérique du bruit et le stimulus composite du test. Chaque aide auditive est fixée à un seul programme et son micro est réglé en mode omnidirectionnel. Avant de collecter les données, les caractéristiques de sortie de chaque appareil sont analysées pour vérifier l’absence d’adaptation de gain visible au stimulus de test. Dans le cas d’une configuration d’appareillage fermé, on utilisera des embouts sur mesure dotés d’une taille d’évent spécifiée. Dans le cas d’un appareillage intra-conduit ouvert, le test s’effectue sans les embouts en mousse prévus par le fabricant afin d’obtenir la configuration la plus ouverte possible et d’éviter les erreurs que pourraient entraîner les variations de degré d'occlusion. Chaque aide auditive est placée sur l’oreille de l’auditeur et réglée dans un premier temps à un seul audiogramme. Cet audiogramme arbitraire sert à générer un point de départ cohérent pour les ajustements de gain. Toutes les aides auditives évaluées sont programmées aux paramètres par défaut du premier appareillage et tous les patients sont des utilisateurs adultes et expérimentés de ce type d’appareils.

À l’issue de l’appareillage initial, on augmente le gain global à l'aide d'une commande de gain haut débit. Le larsen est identifié comme un bruit audible par le responsable du test qui contrôle la sortie de l’aide auditive à l’aide d’un casque posé sur ses oreilles et branché au système de contrôle de l'équipement in vivo. Quand il détecte un larsen audible, le protocole d’annulation des larsens de chaque aide auditive s’initialise. Après l’initialisation de l’annulation des larsens, le gain augmente systématiquement dans toutes les bandes de fréquence disponibles. Le processus d’augmentation du gain va de la fréquence la plus faible à la fréquence la plus élevée. Le gain augmente jusqu’à ce que des larsens deviennent audibles ou que la sortie maximale soit atteinte. En cas de larsen audible, le gain du canal diminue jusqu’à disparition du larsen. Une fois le système stabilisé ou la sortie maximale atteinte, le responsable du test règle le canal suivant et répète le même processus. Ce cycle de réglage du gain se poursuit pour chaque bande de fréquence disponible jusqu’à ce que le gain stable maximal ou la sortie maximale disponible soit atteint(e). À la fin de ces réglages, une mesure de gain d’insertion est enregistrée.

On trouvera ci-dessous un exemple d’utilisation des mesures cliniques du MSG :

Extrait de : Galster, J.A., Yanz, J.L, and Freeman, B.A. In the Zōn: Excellence and innovation in hearing aid design. Technology Update, 2008.

Figure 1. Mean insertion gain as a function of frequency for the Starkey Zōn and the three closest competitors

Figure 1. Gain d’insertion moyen en fonction de la fréquence du Zōn Starkey et de ses trois concurrents les plus proches... Le gain stable maximal (MSG) du Zōn et des produits RIC concurrents a été mesuré dans l’oreille droite de vingt sujets avec annulation des larsens activée. Le MSG est le gain d’insertion maximal que l’on peut atteindre sans effet larsen audible. L’unique critère de sélection des sujets était l’absence d'obstruction de leur conduit auditif par du cérumen. Les écouteurs de tous les appareils étaient placés dans le conduit auditif sans embouts en mousse afin que l’appareillage soit le plus ouvert possible et d’éviter les variables générées par les différentes conceptions de ces embouts. Les appareils étaient programmés pour un gain linéaire et les fonctions adaptatives étaient désactivées. L'algorithme d'annluation des larsens était initialisé et l'annulateur de larsens était activé. Pour déterminer le MSG, le gain a été systématiquement augmenté dans chaque bande de fréquence de l’appareil, en allant successivement de la plus basse à la plus élevée, jusqu’à détection d'un larsen ou atteinte de la sortie maximale. En cas d’effet larsen, le gain de la bande a été réduit à un niveau stable, juste en dessous du point de larsen. Cette séquence d’ajustements du gain fréquence par fréquence s’est poursuivie jusqu’à ce que chaque canal ait atteint son gain stable maximal ou sa sortie disponible maximale.

Après ces réglages, à la limite du MSG, le gain d’insertion en fonction de la fréquence a été mesuré à l’aide d’un système de mesure in vivo Fonix 6500 et d’un protocole de mesure in vivo classique. Les résultats du Zōn et de ses trois concurrents les plus proches sont représentés dans la figure 1. Dans les fréquences moyennes à élevées, le MSG du Zōn dépasse celui de la concurrence d’en moyenne 8,5 dB avec une différence maximale de 13 dB. Le gain montré ici renforce l’excellence de la performance AFI du Zōn, déjà démontrée par des évaluations antérieures du Destiny (Banerjee, 2006 ; Merks et al., 2006).

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