Gain stable ajouté

Contexte

Le gain stable ajouté (ASG) est la différence entre le gain stable maximal (MSIG) d’une aide auditive dont l’algorithme d’annulation de larsen est désactivé et celui d’une aide auditive dont l’algorithme d’annulation de larsen est activé. En d’autres termes, il s’agit du gain supplémentaire dont dispose la personne appareillée quand l’algorithme d’annulation de larsen de son aide auditive est activé. Le MSIG est la quantité de gain la plus élevée possible d’une aide auditive sans larsen audible ou dégradation de la qualité sonore due à un effet larsen (Johnson et al., 2007 ; Ricketts et al., 2008). Pour accéder à une définition approfondie et une présentation de la mesure du MSIG, cliquez sur le lien ci-dessous.

En savoir plus sur le MSIG

Traditionnellement, les systèmes de gestion de l’effet larsen le réduisent en abaissant le gain dans des canaux de fréquence spécifiques. La baisse possible de l’audibilité vocale liée à la réduction du gain constitue l’un de leurs inconvénients majeurs. L’annulation de larsen (FBC), quant à elle, réduit l’effet larsen en soustrayant un signal qui imite celui du larsen émis par l’entrée de l’aide auditive. L’avantage de cette méthode est que ces algorithmes peuvent se traduire par un gain supplémentaire pour l’utilisateur sans perturber l'audibilité vocale (Ricketts, 2008). Merks et al. (2006) décrit les grandes lignes des technologies d’annulation de larsen existantes. Il conclut que tous les algorithmes FBC ne sont pas identiques. L’ASG est l’une des caractéristiques susceptibles de varier considérablement d’un algorithme FBC à l’autre. Pour que les audioprothésistes puissent appuyer leurs recommandations de produits sur des faits, ils doivent disposer d'une caractérisation exacte des algorithmes FBC. Il faut impérativement recourir à des méthodes de mesures objectives, fiables et valables pour quantifier l’avantage de ces algorithmes pour les patients.

Chart showing Maximum Stable Gain with Feedback Control on and off L’une des méthodes de mesure cliniquement viable de l’ASG consiste à augmenter progressivement le gain global d’une aide auditive jusqu’à obtention du MSIG (FBC désactivé) (Johnson et al., 2007 ; Ricketts et al., 2008). On enregistre une réponse en mesure in vivo. Ensuite, l’algorithme FBC est activé et le gain global augmente jusqu’à ce que le MSIG soit atteint. On enregistre alors une deuxième mesure. L'ASG est la différence de gain entre ces deux mesures. Cette relation est représentée dans la figure 1, où le gain stable maximal en mesure in vivo est fonction de la fréquence pour le MSIG avec annulateur de larsen activé et désactivé.

Un inconvénient de l’évaluation clinique de l’ASG est que le MSIG avec FBC activé n’est pas toujours atteint avant que la sortie maximale de l'aide auditive soit elle-même atteinte, ce qui entraîne un effet plafond. Le fait qu’elle n’utilise pas de critère objectif pour déterminer le MSIG soulève un deuxième problème. En d’autres termes, la présence de larsens est observée subjectivement soit par la personne appareillée soit par le clinicien. Cette méthode clinique pose un troisième problème : elle nécessite une manipulation extensive du gain par le responsable du test, ce qui prend beaucoup de temps et peut en compromettre la reproductibilité. Quatrième problème : les patients risquent d’être soumis à des larsens gênants et/ou à un gain excessif.

Le protocole de benchmarking de l’ASG décrit ci-dessous a été développé pour répondre aux points faibles des méthodes de mesure de l’ASG traditionnelles ou cliniques. La technique de benchmarking décrite dans cette section présente les avantages suivants par rapport aux méthodes traditionnelles : 1) elle ne génère pas d’effets plafond, 2) elle peut être effectuée sur un KEMAR, 3) elle est presque entièrement automatique et 4) elle ne nécessite pas de mesure à des réglages de gain proches de larsens audibles. Lorsque la littérature produite par Starkey mentionne des indices d’ASG à un chiffre, elle rapporte la plus grande différence entre les données collectées, définie comme l’ASG maximal.

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